Le jour le plus triste de l’année

Grand Reporter, Homme de Science 2

Ce matin, en ouvrant mes volets, grand ciel bleu, soleil éclatant et (presque) chaud ! En allant au travail, je vois les oiseaux migrateurs qui viennent de passer la Méditerranée et qui remontent vers le nord. On a livré notre projet jeudi dernier en temps et en heure (disons plutôt en semaine…).

Cette journée s’annonçait donc excellente.

Et en fait non. Aujourd’hui, troisième lundi du mois de janvier, j’apprends que c’est le jour le plus triste de l’année, le « Blue Monday » chez les anglophones. C’est un sujet qui réapparait tous les ans dans les médias (on appelle ça un marronnier comme les sujets sur les marchés de Noël en décembre, sur les chocolatiers à Pâques ou sur la rentrée scolaire en septembre).

Ah ben merde, j’étais de si bonne humeur.

Pour déterminer la date exacte de cette journée mondiale du mouchoir, Cliff Arnall, un chercheur très sérieux et très désoeuvré a mis en équation différentes variables influant sur le bonheur des gens. Autant dire qu’il en ressort une formule extrêmement fumeuse que voici :

W est le temps qu’il fait, d les dettes contractées, T le nombre de jours depuis Noël dernier, Q la fameuse date de l’échec de vos bonnes résolutions, M votre degré de motivation et Na la sensation que vous devez faire quelque chose (sic). La publication ne révèle pas la signification de D, ni les unités utilisées. Bien entendu, c’est un résultat complètement bidon … ce que les journalistes ne disent pas (ou rarement).

Déjà, je vous défie de trouver l’unité du résultat de cette formule. Je tente une sortie :

T (Time) : Le nombre de jours depuis Noël, c’est donc un nombre de jour. Facile.

d (debt) : Pour les dettes, on va compter en Euros.

Q (?) : La date du jour où vous avez failli à vos bonnes résolutions. Alors là ça se complique un peu… Comme je suis informaticien, on va prendre la milliseconde car on mesure les dates en millisecondes depuis le 1er janvier 1970 UTC à minuit.

W (Weather) : Alors disons que l’unité de mesure du temps qu’il fait, c’est l’ensoleillement. L’unité est le kWh/m²/jour (je traduis pour les réformés P4 de la physique : kilowattheures par mètres carré par jour).

M (Motivation) : Pour le degré de motivation … well well well… ça vous dérange si on prend la carotte comme unité ? Va pour la carotte que l’on notera v (ça ressemble à une carotte avec un peu d’imagination. Mais si, sans la tige !).

Na (Need of Action) : Euh, non là j’abandonne.

En réalité, c’est une fausse recherche initiée par SkyTravel, une agence de voyage britannique qui entend ainsi promouvoir des voyages au soleil en cette période grise, froide et démoralisante.

La Tunisie par exemple. Quoique cet hiver, les merveilles de l’Egypte sont à la mode parait-il.

Ingénieur Informaticien

Ingénieur Informaticien 1

(Pour ceux qui connaissent ce blog depuis ses débuts, cet article est récupéré de l’ancienne version qui avait été perdue, et réactualisé.)

J’ai parcouru mon CV récemment et j’ai été frappé par le réflexe inconscient qui consiste à masquer la réalité à l’aide de termes ronflants et de paraphrases avantageuses. A bien y réfléchir, on ne peut pas faire plus politiquement correct qu’un CV. A plus fortes raisons lorsqu’on est ingénieur informaticien.

Oh oui, bien sûr, maintenant vous rigolez mais en 2001, année de mon diplôme, le titre d’Ingénieur en Informatique avait encore un certain prestige. Rendez-vous compte, Ingénieur en Informatique, avec ces deux I majuscules tellement phalliques, fièrement dressés vers le ciel, telles les tours du World Trade Center ! Hmm la métaphore est malheureuse … surtout cette année-là … Bref.

On nous proposait donc des ponts d’or avant même l’obtention du diplôme,  on trouvait facilement des locations dans Paris, notre côte auprès de la gente féminine était … bon, ça c’était passable (pas de miracles non plus). Mais nos futures-ex belle-mères nous adoraient. Bref, la vie était belle et notre avenir plein de promesses !

En 2010, tout a changé. L’aura du mot « ingénieur » a été éclipsée par l’infâmie du mot « informatique ». L’ingénieur informaticien est devenu l’archétype du loser, asocial, peu avenant, à la limite de l’autisme, parlant un langage extra-terrestre (ce que confirmerait d’ailleurs ses habitudes vestimentaires). En terme de sex-appeal, de vrais épouvantails, une sorte d’antithèse de la blonde à forte poitrine. Et nos futures-ex belle-mères … ah ben non, du coup si vous avez bien suivi, plus de belle-mères.

Lorsque quelqu’un nous pose la cruelle question « et vous faites quoi dans la vie? », c’est le drame. C’est désormais un métier honteux que l’on cache derrière des formulations plus flatteuses telles que « Chef de projet », « Architecte », « Designer » voire « Pilote de Chasse ». Une autre technique consiste à tout avouer d’un air dédaigneux en terminant par « mais je compte changer rapidement ». Comme si on était caissier à Lidl.

Le terme n’est pas encore devenu politiquement incorrect, disons juste « socialement embarassant ».

Heureusement, depuis très récemment, d’autres cachent leur vrai métier derrière des termes plus neutres pour échapper à l’opprobre populaire. Comme nos amis banquiers (ou plutôt « Conseillers financiers »), traders (« Opérateurs de marché ») et avocats (« Fruits comestibles de l’avocatier »).

On se sent moins seul.

Flash Brawl

Ingénieur Informaticien 0

J’ai toujours voulu faire de l’animation avec Flash, pour mes petits bonshommes par exemple. Je m’y suis même essayé. Plusieurs fois. Sans succès.

Tout ingénieur en informatique que je suis, rodé depuis des années aux technologies les plus torturées, je n’ai jamais rien compris à Flash. Toutes mes tentatives se sont toujours soldées par des échecs cuisants. Son interface, ses mécanismes , sa logique, c’est du Kafka pour moi. Et en version originale.

J’ai dégoté une petite animation passant cette interface en revue de façon … différente.

Entre Frankenstein et la Linea …

Pour ceux qui voudraient le voir en plein écran, cliquez ici.

AndroiPhoneBerry

Ingénieur Informaticien 1

Une guerre d’image fait rage entre les utilisateurs de smartphones. Habituellement, on dit que l’iPhone est un accessoire pour nanas, l’Android un gadget pour geek et le BlackBerry un outil de travail pour cadre dynamique (quant à Windows Phone 7, on dit en général qu’il arrive trop tard…).

Voici une illustration assez juste résumant l’image qu’on a des uns et des autres.

Quatre accords

Guitar Hero 1

Quand on débute et qu’on monte un groupe de musique, on passe par différentes phases.

Tout d’abord, on essaye de trouver un style de musique simple qui plait à tous les membres du groupe dont les goûts peuvent varier du disco funk du bassiste au trash core metal du batteur, en passant par le jazz manouche du guitariste. On s’accorde généralement sur le hard-rock et le pop-rock des années 80-90. D’une part car tous les standards du rock viennent de cette époque là (ACDC, Police, Red Hot Chili Peppers, Oasis …). Et surtout, c’est à peu près le seul style accessible aux débutants (avec Didier Super).

Ensuite, on affine. C’est à dire qu’on élimine un à un les morceaux qui déplaisent vraiment trop à un des membres du groupe. Le bassiste se fait chier sur AC/DC. Le batteur s’emmerde sur Oasis. Le guitariste a mal aux doigts avec Police. Le chanteur fait la Castafiore sur Muse. Bref, il ne reste finalement plus grand chose à jouer.

Le salut passe par la composition de morceaux originaux, le meilleur moyen pour que tout le monde joue ce qu’il aime jouer et surtout ce qu’il sait jouer. Il faut réussir à faire la synthèse entre toutes les tendances des musiciens pour enfin définir le vrai style du groupe. En fait, ça donne en général une bouillie expérimentale à désorienter les baleines et à faire couiner les chiens à 100km à la ronde.

Mais parfois c’est écoutable. Et c’est même de temps en temps presque bon. Avant qu’on se rende qu’on est en train de jouer la musique de la pub Herta ou le générique de Goldorak. Et oui, difficile de faire totalement abstraction des airs que nous connaissons et d’inventer complètement une nouvelle mélodie. Si on connait un peu de théorie musicale, c’est presque mathématique : ce sont toujours les mêmes accords qui sonnent bien à nos oreilles occidentales. Je précise « occidentale » car la définition de la musique est culturelle (par exemple, la notion de « fausse » note n’existe pas réellement, mais ce n’est pas le sujet).

En fait, certains artistes l’ont bien compris et reprennent sans vergogne les mêmes accords pour en faire des tubes internationaux. Le groupe parodique Axis of Awesome en a même fait un sketch. Edifiant !

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