- En vacances en Turquie, je fais le ramadan : 7 repas par jour et une prière le soir pour réussir à digérer. Comment ça j’ai rien compris ?! ->
- J’en peux plus des köftes … ->
- Hallucinant, tous les hommes du restaurant (clients et personnel) qui se precipitent dans l’arrière cuisine à chaque but de la Turquie ! ->
- On vient de me dire qu’il pleut et qu’il fait froid en France. Rien de mieux pour savourer sa journée à la plage ! ->
- Il n’y a aucun problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre. ->
- On fête la fin du ramadan, c’est la fête du sucre ici ! Iyi bayramlar ! ->
- Les sucreries orientales : du sirop de sucre saupoudré de sucre, enrobé de caramel. Cinq minutes dans la bouche, cinq ans sur les hanches. ->
Depuis deux semaines, je suis en vacances dans les contrées barbaresques de Turquie pour quelques semaines de repos complet. Les seules activités que je m’autorise sont dormir, manger, nager et aller aux toilettes. Je comptais tout de même ajouter quelques activités intellectuelles supérieures à cet emploi du temps, entièrement voué à satisfaire mes besoins biologiques. Comme jouer de la guitare ou écrire des nouvelles. Refusant de laisser ma chère guitare aux bons soins des services Bagages des aéroport, il ne me restait plus qu’à trouver l’inspiration en squattant l’ordinateur de belle-maman.
Je ne sais plus qui a dit qu’il ne pouvait écrire que quand il ne trouvait plus rien à lire. Moi c’est un peu pareil. Malheureusement, j’ai pris deux classiques dans mes bagages : Le Mythe de Cthulhu de Lovecraft, grand classique de l’horreur fantastique du début du siècle (pardon, du siècle dernier), et le Neuromancien de William Gibson, roman fondateur du mouvement cyberpunk et inspiration d’Akira, de Ghost in the Shell et de Matrix, entre autres.
Je me suis dit que des commentaires sur mes lectures serait approprié dans ce blog fourre-tout.
Alors le Mythe de Cthulhu c’est comment ?

En quelques mots : le livre est une suite de nouvelles fantastiques décrivant des évènements terrifiants ayant pour origine certaines entités cosmiques venues sur Terre depuis les profondeurs de l’univers. Comme par exemple le réveil de cette créature cauchemardesque nommée Cthulhu (oui j’utilise Ctrl-V pour écrire ce mot), endormie sur Terre depuis des millions d’années, et son impact sur l’humanité au travers des rêves terrifiants qu’elle provoque et des sectes aux rites macabres qui espéraient ce moment.
Le livre enchaîne donc les récits sous formes de nouvelles de qualité variable. L’évocation de l’horreur y est plus ou moins efficace. Par exemple, dans La Tourbière Hantée (The Moon Bog), on y relate une vulgaire histoire de fantômes, et dans La Peur qui Rôde (The Lurking Fear), celle d’une espèce de taupe géante (ou presque…). On est là dans du mauvais X-Files. En revanche, La Couleur Tombée du Ciel (The Colour out of Space) est très réussie. Quand on repense à l’époque à laquelle il a écrit ces nouvelles, on ne peut qu’être admiratif devant l’originalité de ses histoires et, je dirais, la modernité de son imagination.
Lovecraft aime les ambiances pesantes et menaçantes, et le champ lexical de la peur et de l’horreur. Il en use et en abuse même. Il n’est pas un tabouret qui n’ait une apparence de terreur indicible, pas une cuillère qui ne soit plus terrifiante que le pire des cauchemars, je pense qu’il aurait même décrit Hello Kitty comme le rejeton monstrueux d’une race démoniaque à la moustache diabolique et au regard fou.
D’ailleurs, comme il était malin (ou flemmard), et que son dictionnaire des synonymes avait surement ses limites, il aime suggérer l’horreur plutôt que la décrire. L’expression « horreur indicible » prend tout son sens avec lui. On se retrouve souvent avec des phrases du style « et je vis une chose si terrifiante que je préfère encore me suicider plutôt que vous en parler ».
Ce qu’on pourrait appeler son tic d’écriture devient vite insupportable (« J’entendis au dessus de moi des hurlements (…) tels que les mots me manquent pour les décrire ») et l’effet recherché par l’auteur perd de sa substance au fil de la lecture.
Paradoxalement, il décrit avec une relative précision Cthulhu, la créature incarnant la plus profonde terreur de ce monde : une tête en forme de pieuvre, un corps vaguement humanoïde à la peau écailleuse, des ailes reptiliennes, le tout d’une taille monstrueuse, vivant dans une cité sous-marine à l’architecture dérangeante. Du pain béni pour les artistes avide de créatures fantastiques.

Le lecteur est donc mis à contribution lorsque l’auteur est à court de superlatifs terrifiants pour imaginer le truc le plus horrible qui soit. Bon, il se trouve que pour moi ce sont les guêpes, le free jazz et la retraite à 65 ans, donc j’ai eu un peu de mal à y mettre du malsain et du macabre. Mais le procédé n’est pas idiot. Tolkien avait utilisé la même ficelle pour décrire le Balrog et la terreur qu’il inspirait dans le Seigneur des Anneaux. De même dans certains films comme Blair Witch Project ou The Descent dans lesquels les créatures sont évoquées par la terreur qu’elles inspirent sans qu’on ne les voit jamais.
Il y a quand même le risque de tomber sur un lecteur à court d’imagination…

Au final, on se retrouve avec un bon recueil de nouvelles d’horreur, qui se lit facilement. Je pense qu’il est à lire absolument car cela reste un classique. Des auteurs comme Stephen King font même parfois explicitement mention à des créatures sorties des écrits de Lovecraft. Tout un panthéon a été créé sur la base de ces histoires, au delà même de ce qu’avait imaginé l’auteur de Cthulhu.
Sur ce, je m’en vais à la plage. D’ailleurs, et c’est totalement véridique, la grande colline qui domine la baie a la forme d’un énorme crâne de Cthulhu pétrifié, avec les tentacules et tout le bazar. De là à imaginer que ça ait un rapport avec ces petits poissons qui viennent vous mordiller pendant qu’on se baigne …
- Génial ! — Charlotte Marin-Le plus beau jour de ma vie http://t.co/PcxtX3G via @youtube 12:42:09, 2010-08-18
- Quand une entreprise refuse de négocier le salaire à la hausse, on peut toujours négocier son travail à la baisse … 16:01:39, 2010-08-11
- Keyboard not found!Press any key to continue… 17:54:34, 2010-08-11
- Cela ne devrait plus tarder pour moi … J’ai hâte … http://goo.gl/qYmK 10:12:53, 2010-08-12

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