Il y a des images qui possèdent un pouvoir évocateur très particulier, une puissance symbolique telle qu’elles franchissent toutes les frontières temporelles, géographiques et culturelles.
Le meilleur moyen de mesurer le degré d’universalité d’une image est d’en compter toutes les parodies. Un exemple éloquent serait la Joconde qui possède d’innombrables versions humoristiques. Nul besoin d’aller bien loin, il suffit de taper « joconde parodie » dans Google Image. Parmi ces joyeux hommages à Léonard de Vinci, on notera ceux d’artistes renommés comme Dali ou Botero sans oublier les Mona Lisa exécutée (dans tous les sens du terme) avec de la graisse de hamburger ou en toasts grillés.
Dans le même genre, la Statue de la Liberté possède aussi son lot d’outrages graphiques en tout genre.
Il y en a une qui a particulièrement attirée mon attention. Elle est ancrée dans l’inconscient collectif comme une oeuvre d’art intemporelle alors que son origine n’est pas clairement identifiée, que sa justesse scientifique est très contestable et surtout que personne n’est capable de produire l’image originale. Je ne l’ai moi-même pas retrouvée. Comme si, tels les hommes se créant un dieu créateur, les parodies ont créé l’oeuvre d’origine. D’ailleurs voici la mienne, vous devriez reconnaitre facilement l’image en question :

Vous aurez donc reconnu la célèbre image représentant l’évolution de l’homme. J’ai plutôt intitulée la mienne « Evolution du Bonhomme ». En passant, on voit bien qu’à travers les âges, je n’ai jamais su dessiner correctement.
Cette image possède un potentiel parodique presque illimité. Un autre site a déjà tenté d’en faire un inventaire. Tout le monde en a pris un jour pour son grade: les femmes, les américains, le clergé, les scientifiques, les militaires, la société de consommation…
En ce qui nous concerne, nous ingénieurs informaticiens, nous y avons aussi droit :

Du primate à l’Homo Informaticus
On remarquera, non sans une certaine amertume, que l’image évoque la grandeur puis la décadence de l’espèce humaine, et que l’informaticien en est le stade ultime. Dans cette régression, notre sort semble encore moins enviable que le serf et le prolétaire. Déprimant n’est-ce pas ?
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